Le Premier ministre prône le mérite, la compétence, le rendement, la productivité et la capacité de créativité
Le Premier ministre, M. Abbas El Fassi a présenté, lundi à Rabat, les principales orientations pour la réforme du statut général de la fonction publique, qui portent essentiellement sur l’adaptation du système de recrutement, la prise en considération des principes de mérite, de compétence, de rendement, de productivité, de formation continue et de qualification, et l’appui des mécanismes à caractère déontologique.
Intervenant à l’ouverture d’un colloque sur le statut général de la fonction publique, M. El Fassi a souligné la nécessité d’adapter en permanence le système de recrutement à deux principes interactifs et complémentaires fondés sur la transparence et l’égalité des chances, d’une part, et sur la prise en considération des besoins changeants des administrations, en matière de compétences et d’expertises, d’autre part.
Lors de cette rencontre organisée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’occasion du cinquantenaire du statut général de la fonction publique, M. El Fassi a indiqué que cette réforme doit prendre en considération le mérite, la compétence, le rendement, la productivité et la capacité de créativité pour que le cursus professionnel du fonctionnaire reflète ses efforts, sa persévérance et son rendement, ajoutant que ceci exige une lecture critique du régime des salaires dans le cadre du dialogue et de la concertation avec les acteurs sociaux.
Il faut également, ajoute le Premier ministre, se focaliser sur la formation continue et la qualification pour permettre au fonctionnaire de se doter d’outils et de compétences de nature à lui permettre de hausser la qualité de son rendement, et appuyer les mécanismes à caractère déontologique dans le statut général de la fonction publique, soulignant que l’honnêteté doit se constituer en un critère auquel on fait recours lors de la prise de décisions, en tant que principale exigence pour la consécration des valeurs de la gouvernance et des principes de bonne gestion de la chose publique.
Il a affirmé que la fonction publique requiert, en cette période, un large et profond débat en vue de l’instauration d’un système développé basé sur une gestion moderne visant la mise en valeur des ressources humaines en faveur de la réalisation des objectifs du développement socio-économique du Maroc, et répondant aux besoins de rationalisation des ressources financières de l’Etat.
L’adaptation du statut général de la fonction publique doit se fixer pour objectif final de relever d’importants défis, notamment la consécration de l’efficacité de la fonction publique et la reprise de confiance des citoyens en leurs administrations, a ajouté M. El Fassi.
Relever ces défis, a-t-il dit, repose sur les valeurs et principes d’équité, d’honnêteté, d’impartialité et de continuité qui doivent caractériser le service et la fonction publiques, ainsi que sur les nouveaux principes d’ouverture, de moralisation et de questionnement.
Le Premier ministre a en outre ajouté que l’amélioration du rendement de la fonction publique est devenue l’un des principaux défis dictés par le changement de la stratégie d’intervention de l’Etat dans les différents domaines, vu les missions qu’il doit assumer sur les plans central et régional.
Le Premier ministre a insisté également sur la nécessité de l’attachement à la méthodologie du dialogue social dans ce domaine, puisque le dialogue et la concertation, en tant que comportements civilisationnels, sont les meilleurs moyens pour le traitement des questions de la fonction publique, indiquant que si l’approche de concertation est présente dans la méthodologie de travail du gouvernement, il est nécessaire de l’appuyer pour l’encadrement et l’organisation du dialogue social, en prenant en considération les équilibres financiers de l’Etat.
M. El Fassi a, à ce propos, indiqué que le Conseil supérieur de la fonction publique constitue un cadre institutionnel de concertation et de dialogue sur les questions de la fonction publique, affirmant la nécessité de réviser les modes de gestion des associations des oeuvres sociales et de les doter d’un statut juridique unifié pour qu’elles puissent mener à bien leurs missions et devenir un outil agissant dans l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires.
De son côté, le ministre chargé de la modernisation des secteurs publics, M. Mohamed Abbou a indiqué que la modernisation de l’administration est l’un des grands challenges et l’un des choix stratégiques pour permettre au Maroc de relever les défis dictés par les contraintes de la conjoncture économique et sociale.
Il a ajouté que la modernisation du système de gestion des ressources humaines s’est basée, dans une grande partie, sur l’adaptation du statut général de la fonction publique à la réalité des développements de l’administration et des nouveautés de la gestion publique.
Le ministre a, par ailleurs, passé en revue les différents amendements qui ont touché le statut général de la fonction publique depuis 1958, rappelant l’élaboration d’un projet de loi modifiant et complétant ce statut en 2004, qui comprend des dispositions relatives à la généralisation du concours en tant qu’outil essentiel de recrutement dans les échelles et grades de la fonction publique, ainsi que la précision des articles relatifs au régime d’indemnités.
Le projet de loi, a-t-il ajouté, a été élaboré dans le cadre d’une vision complémentaire pour la réforme et la modernisation du système de gestion des ressources humaines au sein de l’administration publique, basée sur la promotion et la consécration des principes de mérite, de compétence, de transparence et d’honnêteté et sur l’appui de la formation en continu.
M. Abbou a rappelé par ailleurs les différents chantiers ouverts relatifs notamment à la promulgation d’un nouveau système de promotion fondé sur les principes de mérite et de compétence, l’instauration d’un nouveau système de notation, la promulgation d’un nouveau système de formation continue, la réforme du régime des salaires, le regroupement et la simplification des statuts généraux, ainsi que la classification de fonctions. Ont pris part à la séance d’ouverture de ce colloque le président du Conseil Constitutionnel, des membres du gouvernement, des représentants d’institutions législatives et juridiques et de syndicats, ainsi que nombre d’experts et de chercheurs, et de représentants des instances et organisations régionales et internationales.
"L’évolution du statut général de la fonction publique : règles et pratiques", "le projet de réforme du statut général de la fonction publique" et "les perspectives d’avenir de la réforme du statut général de la fonction publique", sont notamment les principaux thèmes de ce colloque.
Les recommandations du colloque
Les participants au colloque sur le statut général de la fonction publique, dont les travaux ont été clos lundi soir, ont appelé à la réforme du régime des salaires des fonctionnaires, à l’adoption d’une approche globale et concertative avec les différents acteurs sociaux pour la mise en oeuvre de cette réforme, et à l’appui à la transparence et à l’honnêteté au sein du secteur de la fonction publique.
Dans leurs recommandations publiées au terme de cette rencontre organisée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’occasion du cinquantenaire du statut général de la fonction publique, les participants ont souligné que la réforme du régime des salaires passe essentiellement par l’instauration d’un nouveau régime basé sur les principes de justice, d’équité et de transparence, et la revalorisation du salaire de base.
Ils ont également appelé à l’adoption des critères de mérite, de compétence, de rendement en cas de promotion, à travers l’institutionnalisation et l’unification du système d’évaluation au sein des administrations publiques, la définition du champ de dérogation au principe d’interdiction au fonctionnaire d’exercer une activité rentable, l’interdiction du cumul de deux salaires ou plus, et l’appui des normes de questionnement et d’audit au sein de la fonction publique.
Les participants ont en outre plaidé pour l’organisation de la mise à disposition auprès des organisations syndicales à grande représentativité, la définition des mesures relatives au détachement, l’élargissement du champ de mobilité et de redéploiement pour qu’il englobe la possibilité de transfert des fonctionnaires d’une collectivité locale à une administration publique et vice versa, et l’adoption de mesures incitatives pour l’activation de la mobilité et du redéploiement.
Ils ont par ailleurs souligné que la mise en £uvre de ces recommandations reste tributaire de la mobilisation de l’ensemble des intervenants et des acteurs concernés par la fonction publique, en vue de l’instauration d’une gestion dynamique des ressources humaines pour la hausse des capacités de gestion de l’administration et l’amélioration de son rendement, en offrant aux citoyens et aux entreprises des services répondant aux normes de qualité et en phase avec les fondements d’une économie compétitive et globale.
Le Premier ministre, M. Abbas El Fassi, rappelle-t-on, avait présenté lors de la séance d’ouverture de ce colloque, les principales orientations pour la réforme du statut général de la fonction publique, qui portent essentiellement sur l’adaptation du système de recrutement, la prise en considération des principes de mérite, de compétence, de rendement, de productivité, de formation continue et de qualification, et l’appui des mécanismes à caractère déontologique.
Cette rencontre a été marquée par la présentation de plusieurs exposés portant notamment sur ""l’évolution du statut général de la fonction publique : règles et pratiques"", ""le projet de réforme du statut général de la fonction publique"" et sur ""les perspectives d’avenir de la réforme du statut général de la fonction publique"", et par la présentation d’expériences internationales dans le domaine de la fonction publique, notamment celle de l’Egypte et de l’Espagne.
| Edité le: mercredi 27 février 2008 opinion. |
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