الجمعة، 28 مارس 2008


Incertitudes quant au bon déroulement de la campagne agricole)
Inauguration du guichet unique d’octroi d’aides financières aux agriculteurs
A en juger par les informations afférentes au suivi de la campagne agricole, des incertitudes se profilent à l’horizon et commencent à peser de tout leur poids sur le devenir de l’actuelle campagne, celle céréalière, notamment.

Si pour certains l’on commence déjà à évoquer les premiers signes d’une saison moyenne, pour d’autres, beaucoup plus optimistes, il est encore tôt, voire très tôt, de s’ y prononcer dans la mesure où il est très prématuré de se livrer à un quelconque pronostic et tout dépendra d’éventuelles futures précipitations qui, dans une telle conjoncture, sont pour le moins déterminantes.

En d’autres termes, les pluies de fin mars mi-avril sont décisives quant à la poursuite de la campagne agricole dans de bonnes conditions.

Déjà, l’actuelle campagne a connu un démarrage assez difficile lié essentiellement à un certain nombre de perturbations observées tant au niveau de l’approvisionnement du marché en intrants agricoles qu’au niveau d’un certain retard observé au niveau des toutes premières précipitations.

Et il a bien fallu attendre les pluies des premières semaines de février pour que la céréaliculture soit sauvée de justesse et que l’état végétatif des cultures soit globalement amélioré.

Ce genre de situation met à chaque fois au devant de l’actualité nationale la forte corrélation existant entre le niveau des précipitations, leur bonne répartition tant temporelle que spatiale et le sort de toute une campagne céréalière. Ce qui, à son tour, renvoie à la problématique de la stratégie que les pouvoirs de tutelle comptent « prescrire » au monde rural tant en matière de mobilisation des réserves en eau qu’en termes d’allocation de ressources.

Il est vrai que le Maroc est un pays à climat essentiellement semi-aride.

Toujours est-il qu’en année moyenne, le total des précipitations au niveau national sont évaluées à presque 150 Milliards de mètre cube dont 121 Mds m3 vont à l’évapotranspiration et seulement 29 Mds m3 constituent le potentiel de ressources en eau. Lequel potentiel est réparti en 22 Mds m3 d’eaux de surface et 7 Mds m3 d’eaux souterraines.

En termes de stratégie agricole, depuis l’annonce par le département de l’Agriculture à la mi- décembre dernier, lors des travaux de la 6ème édition du séminaire institutionnel du Conseil général du développement agricole, du lancement d’une étude en vue de l’élaboration d’une nouvelle stratégie de développement agricole visant la sauvegarde de quelque 850 mille petites et moyennes exploitations agricoles (PMEA) gérées par 1,5 million d’agriculteurs, peu de choses ont évolué depuis.

Mis à part l’effet d’annonce d’approches propres à chaque type d’exploitation- qui s’est vite estompé, les petits et moyens agriculteurs manquent de visibilité et se tournent généralement vers le ciel pour détecter un quelconque signe leur permettant d’anticiper ou non leur actes d’investissement. Le simple fellah sait pertinemment que le système bancaire est faiblement impliqué dans ce genre d’entreprise et ne veut en aucun cas en courir le risque.

Et pourtant, au niveau national, ce ne sont pas les écrits sur la stratégie à adopter qui manquent.

A un certain moment, il était question de la fameuse « Stratégie 2020 » qui refaisait surface à chaque fois qu’il était question de développement rural. Cette stratégie a fait son temps, tellement elle est restée confinée dans ses premiers balbutiements.

Aujourd’hui, il est surtout question d’une prospective : Agriculture 2030, un document élaboré par le haut commissariat au plan en collaboration avec le Conseil Général Développement agricole. Cette prospective jette les bases de trois scénarii afférents à une « ouverture subite et des politiques réactives » ou à une « ouverture accélérée assortie de politiques ultralibérales et de filet social » ou bien à une « ouverture maîtrisée accompagnée par un nouveau pacte agricole et rural ».

Il est également question dans le cadre de nouvelles mesures prises par le département de l’agriculture de guichets uniques d’octroi d’aides aux agriculteurs. Lesquels guichets seront créés au niveau des Offices régionaux de mise en valeur agricole et des Directions provinciales de l’agriculture.

Et c’est justement à cet effet que le ministre de l’Agriculture a procédé, mardi dernier au siège de la direction provinciale de l’agriculture (DPA) de Meknès, à l’inauguration du guichet unique d’octroi des aides financières aux agriculteurs.

C’est au sein de ce guichet, désormais unique interlocuteur des agriculteurs, que seront déposés les dossiers des fellahs, et ce, dans le but de réduire les délais d’octroi des aides financières selon une procédure administrative qui se veut simplifiée.

Le choix de la ville de Meknès n’est, peut-être, pas fortuit dans la mesure où du 23 au 26 avril, cette même ville devrait accueillir le Salon International de l’Agriculture du Maroc qui est à son 3ème édition et qui est devenu un rendez-vous annuel pour promouvoir et moderniser le secteur agricole et donner une forte dynamique au rôle des régions dans la valorisation de leurs atouts pour attirer les investissements nécessaires au développement.

Il est à espérer que cette édition connaisse plus de visibilité en termes de perspectives agricoles en ces temps où, au niveau mondial, la transformation effrénée de produits agricoles en éthanol et biocarburants bouleverse l’agriculture mondiale et présente des menaces et de nouvelles donnes pour le futur.
N. BATIJE

Edité le: vendredi 28 mars 2008.

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